L’Amérique. La vraie.

America n’est plus à présenter. Cet indispensable mook nous offre tous les trois mois un panorama de la littérature américaine, à travers son actualité, ses auteurs et son histoire. Aussi beau sur le fond que sur la forme. Objet de collection instantané.

Ce numéro cinq, intitulé Que reste-t-il de l’Amérique Sauvage ? invite à un voyage au coeur des forêts de conifères enneigées où l’on chasse encore le lynx. A travers les immenses plaines écrasantes où vivent les bisons. Le long des rivières mystiques qui rythment les jours, transportent les gens, les idées et les espoirs.

Nos compagnons de voyage se prénomment Pete Fromm (avec Osez, une chroniquen autobiographique rappelant la nécessité de se rapprocher de la nature), Annie Proulx, Ron Rash, Craig Johnson, Jim Fergus et, last but not least, Cormac McCarthy, dont America nous propose une nouvelle inédite. De sacrés guides pour partir à la rencontre de cette Amérique sauvage et incomprise.

La revue aborde le concept typiquement US de Wilderness, Au fil des pages d’autres auteurs nous viennent à l’esprit…McLean, Bass, Stegner, Carlson ou Thoreau, portés par des vents magiques tels que le Chinook ou le Squamish, qui balaient ces paysages démesurés.

Wallace Stegner

Une plongée magnifique au cœur des Rocheuses, de l’Idaho, du Nevada, du Colorado, du Montana (the Big Sky Country – grand comme sept fois l’Allemagne mais peuplé d’un million d’âmes)…. Un territoire toujours aussi fascinant, toujours aussi violent, toujours aussi humain.

Et America de publier une superbe carte de la littérature des grands espaces. L’occasion de se familiariser avec le Nature Writing, pour ceux qui ne connaissent pas ce genre littéraire né aux États-Unis. Et pour les amateurs déjà conquis, une chance de redécouvrir ces auteurs mythiques.

Utah

Mais le trimestriel ne se contente pas de célébrer la littérature américaine. Il s’interroge également sur la place de cette Amérique encore préservée dans un pays aujourd’hui dirigé par Trump. Une Amérique souvent oubliée, voire dénigrée, tandis que Washington menace ces sanctuaires.

Tout, dans l’Amérique de 2018, est histoire de fractures.

Fractures multiples : des sols, au sein de la société, entre le rural et l’urbain, entre la technologie et la nature. On se prend à rêver de gangs, en regardant les infos. De gangs armés de de clefs à molette.

America consacre une partie de son numéro à la question, avec une grande et passionnante interview du romancier Jonathan Franzen, une enquête édifiante de Philippe Coste sur la course au pétrole et un article de Ron Rash portant sur la pollution de l’eau dans les Appalaches.

Ron Rash

Aux récits aussi de ces hommes, gardiens souvent malgré eux d’une certaine idée des USA et de ses pionniers, ces habitants fiers des « fly-over states », que l’on survole sans jamais y penser, le temps d’un vol New-York-Los Angeles, regard plongé dans les applications de son téléphone.

Des territoires comme des livres. Là-bas…

Les arbres, la terre, l’eau et les montagnes, où les fantômes de deux frères et de leur père continuent de pêcher la truite dans la Big Blackfoot River, et où pas très loin, quelques décennies plus tard, un autre père et son fils passeront, en moto, à la recherche d’une certaine Amérique, et par la même occasion d’eux même.

Francois-Xavier Dianoux-Stefani

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