JEROME FERRARI à Libri Mondi

Prix Goncourt 2012

« Jérôme Ferrari pourrait bien être le père fondateur d’un nouveau genre littéraire mélangeant le céleste, la philosophie et le cul. Amen, je le confesse : le récit est divin. »
L’OBS

Y a-t-il une vie après le Goncourt? Beaucoup ont découvert à quel point il est dur de survivre à la plus haute distinction littéraire du pays. Jérôme Ferrari, lui, ne s’est même jamais posé la question.
La littérature, c’est la seule chose qui préoccupe l’écrivain originaire de Fozzano. Et cela, depuis ses premières nouvelles, en 2001. En près de vingt ans, il a créé une oeuvre d’une force presque vitale, qui traverse les époques, les langues et les lieux. Mue par un besoin. Celui de dire les choses. Des choses que trop souvent l’on tait.

 

 

Au centre de l’oeuvre de Ferrari, c’est l’Homme dans toute sa complexité et sa diversité. Bien au-delà des rivages d’une île. L’Homme, dont il raconte les grandeurs, trop souvent enfouies, et les faiblesses, innombrables.

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C’est le cas, une nouvelle fois, avec A Son Image, qui sera publié en août prochain. Son premier roman depuis Le Principe, en 2015. Un roman qui narre le parcours d’une photographe entre la Corse et les Balkans. Et qui interroge sur le rapport de notre époque à la violence, à la mort, mais également, tout simplement, au réel…

Sébastien Bonifay

EXTRAIT DE A SON IMAGE, en librairie le 22 août prochain

9782330109448« Ses parents et son frère, Marc-Aurèle, l’attendirent longtemps. Ils ne pouvaient joindre que sa messagerie. A neuf heures du soir, sa mère était définitivement passée de l’indignation au désespoir. Ils quittèrent le village tous les trois pour descendre en ville, ils sonnèrent en vain à la porte de l’appartement d’Antonia, interrogèrent les voisins, sillonnèrent en tous sens les rues du quartier pour tenter d’y repérer sa voiture et finirent par prévenir la gendarmerie.

Le lendemain, en fin d’après-midi, deux gendarmes arrivèrent au village et la mère d’Antonia se mit à hurler dès qu’elle vit l’expression de leurs visages. Ils lui confirmèrent que ce qu’elle avait craint, non seulement pendant les dernières vingt-quatre heures mais, au fond, toute sa vie, venait d’arriver. Leurs collègues de Balagne avaient retrouvé la voiture d’Antonia au fond d’un ravin de l’Ostriconi. Il leur avait fallu du temps. Il était presque impossible de la repérer depuis la route et il n’y avait sur l’asphalte aucune trace de freinage pour orienter les recherches. Ils avaient dû utiliser un hélicoptère.

Antonia était sans doute morte la veille, à l’aube. Les gendarmes voulurent prendre congé mais le père d’Antonia insista pour leur offrir des cafés qu’ils burent en silence, debout dans la cuisine, les yeux baissés et le képi à la main. »

 

Bibliographie sélective:
Balco Atlantico, Actes Sud, 2008
Un dieu un animal, Actes Sud, 2009
Où j’ai laissé mon âme, 2010, Actes Sud, 2010
Le Sermon sur la chute de Rome, Actes Sud, prix Goncourt 2012
Le Principe, Actes Sud, 2015

 

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